Chroniques

Temps de lecture : 1 min 39 s

La jasette de la gazette

Fuck les ignorants !

Le 25 juillet 2026 — Modifié à 13 h 56 min le 21 juillet 2026
Par Stéphanie Gagnon

« Fuck les Arabes ! » Cette phrase n’est pas de moi. Les mots étaient adressés à des ouvriers qui prenaient leur pause à l’extérieur. Ils étaient simplement assis à discuter quand une passante a décidé de leur hurler qu’à ses yeux, ils n’avaient pas leur place ici.

Après le choc de me dire ‘ben voyons, est-ce réellement arrivé’ le premier sentiment qui m'a traversée a été la tristesse. Pour ces hommes, évidemment, mais aussi pour cette femme.

Cette femme qui démontre en plein jour l’échec de son éducation. Je ne parle pas de diplômes ou de scolarité, mais de cette éduction qui apprend le respect, la curiosité, l'ouverture, la capacité de voir un être humain avant de voir une couleur de peau, une langue ou une religion.

Et puis… Je me souviens. C’est écrit sur nos plaques de char. Pourtant, y’en a une bonne gang qui ont oublié que les migrants ne sont pas une anomalie de notre époque.

L’histoire de l'humanité est un immense récit de départs. Depuis que le monde est monde, les humains migrent. Ils quittent un village pour un autre, un pays ou un continent. Ils fuient la guerre, la famine, la pauvreté ou l'absence d'avenir. Ils cherchent la sécurité, du travail, une vie meilleure.

Nos ancêtres l'ont fait, les tiens comme les miens. Sans des millénaires de mouvements de population, aucun de nous ne serait exactement là où il est aujourd’hui.

Oublier cela, c'est oublier notre propre histoire et cracher au visage de nos aïeuls qui ont un jour assez souffert assez pour dire : je veux le meilleurs pour mes enfants, je quitte tout pour leur offrir mieux. Et on leur doit notre présence ici, maintenant.

Évidemment, on peut discuter d'immigration. On peut débattre du nombre de personnes que le Québec est capable d'accueillir, des défis du logement, de l'intégration, de la langue ou des services publics. Les conversations sont légitimes, mais elles ne devraient jamais nous faire oublier qu'avant d'être un dossier, un migrant est une personne. Et sans l’apport extraordinaire de ces personnes, soyez assuré que c’est toute l’économie québécoise qui en souffrirait.

J’en reviens à cette pauvre femme qui a invectivé le groupe de travailleurs. Elle n'a pas crié après une politique gouvernementale, elle a crié après d’autres humains. C’est petit et c’est hypocrite. L’accueil est toujours gagnant sur le long terme, le rejet, jamais.

« Fuck les ignorants ». Ça, c’est de moi.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Chroniques

Publié hier à 7h00

"Pendant mon absence, veuillez ne pas me laisser de message"

Il y a peu de plaisirs aussi sous-estimés que celui d’éteindre le fan du poêle. Quand ça fait une heure qu’il roule mais que tu ne l’entends plus vraiment, jusqu’à ce que tu pèses sur off. Aaaaaaaaah. Le soulagement est instantané et pour ma part, je ressens quelque chose de physique dans le corps, quand quelque chose dont je n’ai ...

Chroniques

Publié le 10 septembre 2026

Peinturer par-dessus l’histoire.

Quand j'étais petite, à l'école, on nous parlait de Pointe-Bleue. Aujourd'hui, on dit Mashteuiatsh. Et depuis quelques années, on entend de plus en plus souvent Pekuakami pour parler du lac Saint-Jean, parce qu’il possédait évidemment un nom avant d’être rebaptisé. Je ne pense pas que demain matin tout le monde va arrêter de dire lac ...

Chroniques

Publié le 29 août 2026

Une grosse leçon aux influenceurs

Si vous fréquentez ne serait-ce qu'un peu les réseaux sociaux, vous avez sûrement entendu parler des influenceurs sur le bateau à Miami et de la controverse qui s'en est suivie avec les propos sexistes d'un bijoutier de Québec. Je n'ai pas envie de m'en prendre à ces créateurs de contenu. Toutefois, il faut se poser beaucoup de questions ...

CONSULTEZ NOS ARCHIVES

CONSULTEZ NOS ARCHIVES